Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes

13 juillet 2020

Les huiles essentielles : une opportunité de développement pour l'agriculture biologique au regard du plan Écophyto ?

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En Agriculture Biologique, les produits phytosanitaires d’origine naturelle sont autorisés dans le cadre de la protection des cultures. Les produits phytosanitaires de synthèse sont interdits. Le règlement communautaire CE 834/2007 précise que l’utilisation de ces produits doit être justifiée par l’opérateur. 

Le plan Ecophyto : réduire et améliorer l’utilisation des produits phytosanitaires 

C’est donc dans une logique de réduction globale des produits phytosanitaires et d’optimisation de leurs usages, qu’est né en 2008 à l’initiative du gouvernement, le premier plan Ecophyto. Il vise plus globalement à maintenir une agriculture économiquement performante. 

Le 7 janvier dernier a eu lieu le comité d’orientation stratégique et de suivi du plan Ecophyto (deuxième génération). Le constat est sans appel : la quantité de substances actives vendue en 2018 progresse de 21% par rapport à 2017 et les usages agricoles représentent 74% du total. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette progression : les conditions climatiques favorables aux maladies fongiques et aux insectes et la hausse de la redevance pour pollution diffuse au 1er janvier 2019 ayant pu conduire à des achats anticipés en 2018. 

Dans le même temps, fin 2018, 9,5% des exploitations agricoles étaient certifiées bio. Entre autres dispositifs réglementaires, les moyens alloués par l’État en 2020 pour la conversion vers l’AB devraient augmenter à hauteur de 250 millions d’euros. L'investissement dans du matériel d'épandage performant pour la viticulture, l'arboriculture et le maraîchage fera l'objet d'un appel à projets d'un montant de 25 millions d'euros. Deux consultations publiques seront également lancées sur le déploiement de solutions de biocontrôle et sur les attendus en matière de conseil aux agriculteurs. 

Les huiles essentielles, une opportunité pour la protection des cultures ? 

La pharmacopée européenne définit les HE comme des produits odorants, de composition complexe, obtenus à partir d’une matière végétale. 

Les HE, du fait de leurs propriétés biocides, sont susceptibles d’intéresser les producteurs pour faire partie des programmes de protection biologique. En revanche, très peu de produits commercialisés à ce jour sont homologués. 

Pour les plantes qui les synthétisent, les composés constitutifs des HE peuvent être à la fois attractifs pour les pollinisateurs et répulsifs pour les bioagresseurs. Leurs effets sont donc multiples : fongicides, insecticides, herbicides… Mais pour pouvoir être utilisée, une HE doit être autorisée en tant que substance active et seules 3 d’entre elles le sont à ce jour : 

  • La menthe verte, utilisée comme anti-germinatif sur les pommes de terres ; 
  • Le girofle, pour son effet protecteur vis-à-vis des maladies de conservation des pommes et des poires ; 
  • L’orange douce, pour ses vertus fongicides. 

Des projets en cours pour déployer l’usage des huiles essentielles 

L’ITAB a coordonné un projet entre 2013 et 2015 visant à évaluer l’intérêt de 7 HE sur des maladies comme le mildiou de la vigne, de la pomme de terre et de la laitue, ou encore la tavelure du pommier. 

Le site www.ecophytopic.fr recense les résultats avec les mots clés « huiles essentielles » dans la barre de recherche. 

Les HE peuvent donc sans nul doute compléter la gamme offerte aux agriculteurs certifiés bio pour protéger leurs cultures. Mais au-delà des travaux à déployer pour étudier leurs potentielles actions, c'est bel et bien leur reconnaissance en tant que substance active qui constitue le principal frein à leur commercialisation. 

Sources : agriculture.gouv.fr ; Réussir Fruits et Légumes, été 2019. 


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Article issu des Échos du Bio, le magazine trimestriel dédié aux acteurs régionaux impliqués dans l'agriculture biologique.

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