Tout commence en 2011 à Chabeuil, à quelques minutes de Valence, quand Benoît Ritzenthaler se lance comme entrepreneur dans le brassage après avoir travaillé dans le milieu comme salarié. Depuis, la Brasserie de la Pleine Lune est devenue un acteur incontournable de la bière bio dans la Drôme, portée par un ancrage territorial assumé. Adhérente du Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes, la brasserie travaille main dans la main avec le réseau pour structurer et renforcer les filières bio locales, notamment sur l'approvisionnement en malt et en houblon.

None

Un joli clin d'œil au destin

Le nom de la brasserie ne doit rien au hasard : quand son fils, alors âgé de 3 ans, annonce qu'il veut devenir « cosmonaute, paysan et brasseur », Benoît et sa femme lui répondent en riant que c'est sans doute « parce qu'il est dans la lune ». L’idée de la Pleine Lune était née. Quelques temps plus tard, la brasserie s'installe dans son premier bâtiment à Chabeuil, situé... juste à côté de la fusée de Tintin. Un petit clin d’œil du destin prometteur. Le choix de Chabeuil n'a rien d'anodin non plus : à 10 minutes de l'autoroute, à 100 km de Grenoble, Avignon et Lyon, et à 5 minutes de Valence, la position est idéale. Installée dans son bâtiment actuel depuis 2020, la brasserie brasse en bio depuis 2013 et affiche aujourd'hui 98% de ses bières certifiées bio. 

Un engagement bio profondément lié au territoire

Pour Benoît, le bio n'est pas une option mais une évidence : dans la Drôme, où près de 30% de la surface agricole utile est en bio, il considère être simplement aligné avec son territoire. Un engagement qu'il pousse jusqu'à interroger le modèle inverse : et si c'était finalement aux brasseries non bio de le signaler ?

None

Cet ancrage local se retrouve dans le sourcing des matières premières. Le malt de la Pleine Lune provient aujourd'hui à 98% de la région Auvergne-Rhône-Alpes ce qui constitue une vraie fierté pour son gérant. Le partenaire historique en la matière est la Malterie Ardéchoise située à Vernoux-en-Vivarais, elle-même approvisionnée par la Drômoise de Céréales à Montélier, à quelques minutes de la brasserie : une filière quasiment en circuit fermé sur le territoire. Récemment des négociations avec Malt'In Pott, en Haute-Savoie, ont permis de renforcer encore cette part régionale sur les malts spéciaux, qui jusqu’alors étaient importés de Belgique.

None

Côté houblon, la brasserie combine un quart de houblon ultra-local du Diois, un quart américain et le reste d'origine européenne (Allemagne, Autriche, Slovénie). Un équilibre à trouver en permanence entre proximité, disponibilité et exigence gustative et réactivité : pour Benoît, la qualité du produit reste le premier critère.

C'est précisément sur ce type d'enjeu que la Brasserie de la Pleine Lune s'appuie sur le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes : en tant qu'adhérente du réseau, elle collabore avec le Cluster pour identifier et consolider des filières d'approvisionnement locales, aux côtés d'autres entreprises bio du territoire engagées dans la même dynamique. 

Des actions concrètes pour réduire son impact environnemental

La Pleine Lune multiplie les initiatives pour limiter son empreinte :

  • Réemploi des bouteilles : près de 20% des bouteilles sont aujourd'hui consignées et réemployées, en partenariat avec « Ma bouteille s'appelle reviens » entreprise chabeuilloise. Une démarche assumée malgré son surcoût sur certains format…
  • Lancement d'une gamme en canettes recyclables, actuellement en phase de test.
  • Économie d'eau : grâce à une nouvelle machine de nettoyage en place (NEP) financée avec le soutien de l'Agence de l'Eau et du Département, la brasserie a déjà réduit sa consommation de 0,5 litre d'eau par litre de bière produit, avec un objectif d'1 litre économisé d'ici la fin de l'année (soit 3,1 litres  d’eau pour 1 l de bière contre 4,1 litres nécessaires actuellement).
  • Valorisation des déchets organiques : les drêches de brassage partent directement à l'alimentation animale, et les eaux usées chargées en matières organiques sont envoyées vers un méthaniseur local, bientôt celui de Chabeuil.
  • Une réflexion est également en cours sur l'installation de panneaux solaires, avec l'ambition d'atteindre une quasi-autonomie énergétique.

La brasserie s'apprête enfin à lancer une démarche RSE officielle dès septembre, pour structurer l'ensemble de ces engagements dans une vision globale.

Une équipe de 20 personnes et une gamme toujours en mouvement

None

Aujourd'hui, la Pleine Lune compte 20 salariés : 5 en production, 5 en logistique et livraison, 4 au bar, 2 commerciaux et 4 dans les fonctions support (graphisme, comptabilité, direction).

La brasserie propose en permanence entre 20 et 25 bières. Sa signature, l'Aubeloun (« houblon » en patois dauphinois), fait figure de pionnière : lancée en 2011 quand les IPA n'existaient quasiment pas en France, elle reste une référence reconnaissable. Fumée, sans alcool, blé noir... la brasserie a toujours innové, mais toujours dans un objectif d'accessibilité, en goût comme en prix.


S'adapter aux nouvelles tendances de consommation

Face à une consommation d'alcool en baisse et à une demande de degrés plus légers, la Pleine Lune a fait évoluer sa gamme : IPA à 3,7°, blonde et IPA sans alcool, gamme quasi entièrement sans gluten... Autant de réponses concrètes aux attentes des consommateurs.

None

Dans un paysage régional qui compte une quarantaine de brasseurs et qui s'annonce amené à se restructurer dans les prochaines années, Benoît mise sur deux atouts solides : son bar-terrasse à Chabeuil, qui représente 30% du chiffre d'affaires, et la maîtrise de son propre circuit de distribution, garante d'une relation directe et durable avec ses clients.

Le mot de la fin : un cercle vertueux et un plaidoyer pour la culture

Il y a trois ans, la brasserie a monté un partenariat avec un producteur local du Diois, à Boulc, pour développer une filière de houblon bio local. La première récolte est attendue cette année : elle permettra de repasser l'une des bières phares de la brasserie, la Lunette, en bio certifié. Une belle illustration du cercle vertueux que la Pleine Lune cherche à impulser dès que possible.

Benoît conclut par un plaidoyer pour son secteur : « on est une sous-culture de la culture », rappelle-t-il, soulignant combien les brasseurs dépendent de la bonne santé des festivals et des lieux culturels. Et d'ajouter une conviction plus personnelle : la bière aide les gens à se parler vraiment, à être dans le contact : un lien humain devenu, selon lui, plus essentiel que jamais.

Un grand merci à Benoît Ritzenthaler pour son accueil chaleureux et cette visite passionnante de la Brasserie de la Pleine Lune !

En quelques chiffres :

  • 2011 : création de la brasserie à Chabeuil
  • 2013 : passage au brassage bio
  • 98% des bières aujourd'hui certifiées bio
  • 98% du malt d'origine Auvergne-Rhône-Alpes
  • 20 salariés
  • 20 à 25 bières en permanence dans la gamme
  • 30% du CA réalisé sur le bar-terrasse de Chabeuil

Article réalisé avec le soutien du Conseil Départemental de la Drôme.

Réalisé avec le soutien de

None