Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes

23 décembre 2018

Interview : Daniel VERNOL et la châtaigne bio

Se lancer , S'approvisionner , fruits

Installé depuis 1982, Daniel Vernol produit de la Châtaigne bio sur la commune de St Etienne de Boulogne depuis 2006. Il fut l’un des premiers à s’engager en châtaigne bio auprès de VIVACOOP. 

La châtaigne bio, qu'est-ce que c'est ?

C’est une châtaigne qui est traditionnellement menée depuis des décennies. C’est un produit sur lequel nous n’avons pas de grosses difficultés à passer en bio.

En effet, dans le verger traditionnel, peu d’intrants sont utilisés ou alors il s’agit de fumier produit le plus souvent sur l’exploitation agricole, donc qui peut être considéré comme bio. Il n’y a pas de traitement chimique, ni de désherbage car très souvent, ce sont des vergers pâturés puis nettoyés.

La châtaigne bio est donc une culture relativement facile à certifier bio, et ce sont même les organismes certificateurs qui le disent ! 

Echos-du-bio-Daniel-VERNOL

Quelles sont les caractéristiques d'un verger de châtaignes bio ?

Au niveau des pratiques, il faut faire un entretien parfait du sol de mi-août à septembre, pour se débarrasser des résidus et pouvoir récolter rapidement et proprement la châtaigne. 

Le climat est un paramètre qui nous échappe et commence à nous faire défaut. Le châtaignier est une espèce méditerranéenne, qui supporte la sécheresse d’été mais qui a besoin d’eau en septembre.  Cela va maintenant faire deux ans qu’on a de forts déficits hydriques, mettant sérieusement en péril la globalité de la récolte.

 

Comment s'installe un verger de châtaignier ?

Sur un verger de type traditionnel, il faut 15 à 20 ans avant la première mise en production. Le travail d’installation d’un verger se fait donc d’une génération à l’autre. C’est ce que les anciens faisaient dans les familles en plantant ou en greffant quelques arbres tous les ans pour renouveler les vergers. Cette pratique s’est perdue sur les deux dernières générations.

Heureusement, nous espérons que le Plan Châtaignerais, voté récemment par la Région, nous aidera à rétablir une situation plus saine pour pouvoir transmettre aux générations futures ce patrimoine que nous avons hérité. 

Une fois planté, le châtaignier amène une récolte sur plusieurs générations. On n’arrache jamais un châtaignier, sauf s’il est mort ou malade. Certains ont 200 à 300 ans ! On laisse ces arbres le plus longtemps possible mais ils sont capricieux et difficiles à faire pousser. Aujourd’hui, on a encore la chance de garder nos exploitations sur des zones de pentes difficiles où le châtaignier est encore présent. Mais on assiste à la plantation de vergers en zones de plaine (vallée du Rhône et grand Sud-Ouest), avec des vergers hybrides. 

 

Après récolte, que devient la châtaigne bio ? 

Chez le producteur elle est triée par flottaison. La récolte est ensuite envoyée en station où elle sera agréée. En fonction du calibre, la destination est différente. Les plus petits sont destinés à la transformation.

D’ailleurs, depuis le début de l’année, VIVACOOP fait fonctionner un atelier de transformation, uniquement pour la châtaigne bio. Nos produits sont épluchés. Une partie est conservée en châtaigne entière pour accompagner les viandes par exemple et les autres, sont brisées et partent en confiture principalement. Nous fournissons deux magasins de producteurs ainsi que certaines enseignes régionales. 

Nous espérons pouvoir nous lancer dès 2019 sur le marché de la farine car c’est un secteur très demandeur (la châtaigne est sans gluten). 

 

Que représente la châtaigne bio chez VIVACOOP ? 

La châtaigne bio représente un tiers de nos volumes et concerne environ une soixantaine de producteurs. Notre bassin de production s’étend du Sud de l’Ardèche, des Vans, au col de l’Escrinet.

Nous produisons de la châtaigne bio et/ou de l’AOP, mais aussi du conventionnel. En effet, certains producteurs cumulent les deux signes, et répondent à la demande de certains clients qui souhaitent avoir des garanties sur l’origine Ardèche tout en ayant du bio. 

 

Avez-vous une stratégie en interne pour inciter les conversions en bio ?

Tout à fait, c’est notre objectif.

Historiquement, la coopérative prenait en charge les frais liés à la certification pour inciter les conversions. Mais aujourd’hui, nous allons travailler avec une agence de certification pour voir comment mettre en route une mention collective pour les petits producteurs. 

 


Pour aller plus loin : Châtaigne d'Ardèche, Facebook Châtaigne d'Ardèche AOP.

Interview réalisée par Thibault PÉCLET, Coop de France Auvergne-Rhône-Alpes.
En partenariat avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Coop de France Auvergne Rhône-Alpes
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