La nouvelle édition du Baromètre des produits biologiques de l’Agence Bio révèle des spécificités régionales en Auvergne-Rhône-Alpes. Les consommateurs de la région se distinguent par un engagement marqué envers le bio avec une sensibilité accrue à la santé et à l’environnement, ainsi qu’un attachement prononcé au local. Voici les tendances clés à exploiter pour adapter son offre, sa communication et renforcer la confiance des consommateurs en 2026.
Une consommation bio en région encourageante
En Auvergne-Rhône-Alpes, 38% des consommateurs déclarent avoir consommé du bio au moins une fois par semaine en 2026, un chiffre en légère reprise après plusieurs années de baisse. 62% des consommateurs réguliers estiment que le bio représente plus de 50% de leurs achats en volume, un taux supérieur à la moyenne nationale (57%).
Perspectives pour les 6 prochains mois :
- 75% des consommateurs réguliers souhaitent maintenir leur niveau de consommation.
- 15% des consommateurs réguliers et 10% des consommateurs ponctuels envisagent d’augmenter leur consommation.
La confiance dans les produits bio progresse, avec 48% des consommateurs français (45% en AuRA) qui déclarent leur faire confiance, en hausse de 6 points par rapport à 2024.
Perception du Bio en Auvergne-Rhône-Alpes : entre soutien du bio et méconnaissance
60% des habitants estiment que le bio est développé dans leur région (dont 8% très développé), mais 26% n’ont pas d’avis ! Un signe que la visibilité de la filière peut encore être améliorée.
70% des Auvergne-Rhônalpins considèrent important que le bio se développe en région, avec un engouement particulièrement marqué chez les 18-24 ans (81%) et les CSP+ (85%). De plus, même les non-consommateurs de bio accordent de l’importance au bio puisque 41% d’entre eux important que le bio se développe en région !
Encore des freins à lever pour booster la consommation bio en région ?
En Auvergne-Rhône-Alpes, la santé (57%) et la préservation de l’environnement (43%) sont les principales motivations pour consommer bio, avec un écart plus marqué en région qu’au niveau national pour l’environnement (39%). À l’inverse, le goût (27%) recule et est moins cité que la moyenne nationale (31%).
Cependant, des freins persistants limitent encore la consommation de bio. Le prix (74%) reste le principal obstacle, comme au niveau national, ainsi que les doutes sur l’authenticité du bio (47%). La préférence pour le local non bio (36%) est également un frein, encore plus marqué en Auvergne-Rhône-Alpes (31% la moyenne nationale).
Les consommateurs qui doutent de l’authenticité des produits bio expriment principalement des réserves sur la possibilité de produire du bio de façon industrielle (32%), ainsi que sur l’origine et la traçabilité des produits (32%, en hausse de 4 points par rapport à 2024), et sur l’idée que les normes bio seraient différentes d’un pays à l’autre (31%). De plus, 53% des consommateurs considèrent que la plupart des produits bio vendus en France ne sont pas produits sur le territoire. Cette perception est cependant moins répandue chez les consommateurs réguliers de bio (46%) et chez les jeunes, qui affichent une confiance plus marquée dans l’origine des produits.
Ces doutes montrent bien l’importance de rappeler que le cahier des charges bio est le même dans tout l'Europe, l’enjeu du principe de conformité mis en place pour les pays tiers, et de souligner l’importance de la production bio française.
Le bio toujours en concurrence avec le local, malgré lui !
En Auvergne-Rhône-Alpes, 75% des consommateurs privilégient les produits locaux et les circuits courts, un taux supérieur à la moyenne nationale et en hausse.
Bien que le bio et le local soient souvent mentionnés comme complémentaires, les consommateurs donnent un avantage aux produits locaux s’ils souhaitent acheter des produits qui ont du goût, de qualité ou pour limiter l’empreinte carbone de leur consommation. Pour limiter l’usage des pesticides de synthèses, le bio est en revanche clairement identifié. En Auvergne-Rhône-Alpes, les consommateurs associent plus fortement "acheter local" à une garantie de qualité qu’au niveau national.
Il est donc encore essentiel de rappeler la différence entre l'origine et le mode de production. Le local seul n'apporte aucune garantie mise à part l'origine. Bio&Local c'est l'idéal !
Petits producteurs et entreprises locales : les atouts clés pour porter les valeurs bio
Pour convaincre à manger bio, les petits producteurs, les petites entreprises agroalimentaires et les magasins bio sont en première ligne car les consommateurs sont nombreux à leur faire confiance (respectivement 89%, 65% et 61%). Cette confiance est d’ailleurs en hausse, avec par exemple +6 points pour les magasins bio par rapport à 2024.
En conclusion, pour booster la consommation de produits bio en Auvergne-Rhône-Alpes, les professionnels de la filière ont tout intérêt à :
- Développer et revendiquer le local pour montrer leur attachement au territoire, le soutien de la profession agricole, et témoigner de la qualité.
- Renforcer la transparence pour rassurer sur l’origine des matières premières, de la production, surtout auprès des moins convaincus.
- Cibler les jeunes et CSP+, déjà acquis et consommateurs, pour conforter leurs achats et entraîner les autres publics.
Source : Baromètre des produits biologiques 2026 - Agence Bio – Auvergne-Rhône-Alpes - Traitement Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes.
Article rédigé dans le cadre de l'Observatoire Régionale de l'Agriculture Biologique Auverne-Rhône-Alpes, avec le soutien financier de la DRAAF AURA