Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes

25 novembre 2019

Le label zéro résidu de pesticides doit-il inquiéter les acteurs de la filière bio ?

Commercialiser

Quelle perception a le consommateur du label Zero Résidu de Pesticides (ZRP) ?

Nous vous proposons un point à date sur ce nouveau label qui monte.


Un label porté par le collectif "Nouveaux champs"

Le label ZRP a été lancé en avril 2017 par l’organisation de producteurs "Les paysans de Rougeline", il est aujourd’hui porté par le collectif "Nouveaux champs". La promesse porte sur l’absence de résidu de substances actives garantie par un laboratoire indépendant certifié Cofrac et une origine France garantie pour tous les fruits et légumes. Le regroupement compte aujourd’hui 56 entreprises et plus de 3 000 producteurs. Tomates, concombres et carottes représentent la moitié de la production labellisée ZRP en 2018 même si 46 espèces de fruits et légumes frais sont concernés.

Ce label, à l’origine sur les fruits et légumes, devient progressivement un label produit. On constate également une labellisation qui s’étend depuis peu à des produits transformés avec des jus de fruits (Coeur de pom’ des Jardins de l’Orbrie), des pâtes (variété l’épinette d’Alpina Savoie), ou encore du quinoa (Quinao d’Anjou).

Quelles différences entre bio et ZRP ? 

Actuellement, il n’y a pas d’obligation de résultats dans la réglementation bio mais une obligation de moyen. C’est-à-dire que les opérateurs doivent mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour se prémunir des contaminations.

Qu’est-ce qui fait débat ? 

  • L’impact environnemental et sur la santé des producteurs n’est pas suffisamment pris en compte dans ce label : Zéro résidu de pesticides ne veut pas dire Zéro utilisation de pesticides ;
     
  • « L’affichage ZRP est inexact » : il conviendrait de préciser qu’aucune substance recherchée n’a été trouvée ;
     
  • Le terme « Zéro » fait débat : Les laboratoires ont une limite de quantification en-dessous de laquelle ils ne peuvent pas garantir la précision de la mesure. Ce seuil est de 0,00001 g/kg ;
     
  • Ce n’est pas la dose qui fait le poison. François Veilleret de l’ONG Génération Futures prend l’exemple de l’atrazine et de ses conséquences sur le foetus. L’atrazine est une substance active d’un herbicide utilisé sur le maïs jusqu’en 2001. Une étude publiée en 2011 par l’Inserm (Institut national de la santé et la recherche médicale) montre ainsi qu’une exposition dans l’eau de boisson d’un dixième de microgramme par litre suffit pour limiter le diamètre de la boîte crânienne des nouveau-nés ;
     
  • Le cahier des charges ZRP n’est pas public : nous n’avons pas connaissance des pesticides interdits ou autorisés, sous couvert d’expertise et de propriété intellectuelle. 

Les enjeux pour le secteur bio

Il existe un risque de confusion pour le consommateur entre le bio et le ZRP. Il s’agit de garanties différentes à des tarifs différents. Reste à savoir ce que va comprendre le consommateur et comment il va se positionner dans un contexte où de plus en plus de produits alliant ZRP et certification bio arrivent sur le marché.

Marithé Castaing Marithé Castaing

Chargée de mission filières


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