Avec sa 1ère place en nombre d’entreprises de l’aval bio et sa 3ème place nationale en nombre de fermes et de surfaces bio, Auvergne-Rhône-Alpes s’impose comme un acteur clé de la filière biologique en France. La région affiche un chiffre d’affaires de 1,87 milliard d’euros en 2025, soit le 2ème plus gros marché bio après l’Île-de-France, avec une croissance de +4,3% par rapport à 2024. (Agence Bio – ANDI)

Pourtant, le marché traverse une période charnière : entre retour de la croissance timide, des attentes des consommateurs en évolution et des défis structurels, comment les entreprises agroalimentaires, distributeurs et acteurs de la filière peuvent-ils s’adapter pour saisir les opportunités à venir ?

Une région de consommation bio

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’engagement pour le bio est plus marqué qu’ailleurs : 62% des habitants déclarent effectuer des achats réguliers (contre 57% au niveau national). Leurs motivations sont claires : la santé (57%) et l’environnement (43%), ce dernier critère étant plus prononcé qu’en moyenne nationale (39%).

La valeur moyenne des achats de produits alimentaires bio atteint 225€ par habitant et par an en 2025, plaçant la région à la 5ème place nationale (contre une moyenne nationale de 189€/an). Un chiffre qui confirme l’appétence des Auvergnats-Rhônalpins pour le bio, d’autant plus que la région détient la plus grosse dépense en magasin bio par habitant, avec 80€/habitant.

Pourtant, des freins persistants subsistent : le prix reste le principal obstacle pour 74% des consommateurs ;  les doutes sur l’authenticité du bio concernent près de la moitié d’entre eux (47%) et la préférence pour le local non bio (36% en région, contre 31% au national) révèle une concurrence accrue entre circuits courts et produits bio.

L’intérêt pour le local se confirme en Auvergne-Rhône-Alpes, où 75 % des citoyens privilégient les produits locaux et circuits courts, une tendance en hausse qui dépasse la dynamique nationale. Bien que le local soit parfois positionné en alternative au bio, il faut rappeler que plus de la moitié des agriculteurs bio de la région (53 %) commercialisent leurs produits en circuit court, que la région a un nombre important de fabricants locaux et que 72% du bio consommé en France est origine France !

Le développement de la bio reste important aux yeux des consommateurs de la région puisque 70% estiment important que le bio se développe en Auvergne-Rhône-Alpes, avec un engouement particulièrement fort chez les 18-24 ans (81%), et même parmi les non-consommateurs de bio avec 41% qui reconnaissent l’importance de son développement en région.
Source : Baromètre des produits biologiques 2026 - Agence Bio / Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes

Une croissance du marché tirée par les magasins bio

L’année 2025 se termine à 4,3% de croissance pour le marché bio en Auvergne-Rhône-Alpes, soit un peu plus qu’au niveau national (3,7%), portée par une hausse de +10% en valeur en magasins bio, qui représentent désormais 36% des achats bio en région (vs 40% en Grandes et Moyennes Surfaces - GMS).

En GMS, on note enfin une hausse de +1% en valeur, un chiffre à nuancer avec l’inflation qui masque encore une légère baisse en volume. La vente directe (+3%) et le secteur artisanal (+1%) progressent légèrement, mais à un rythme plus lent que l'an dernier.

Début 2026, les magasins bio continuent leur dynamique avec une croissance de +6,6% en cumul annuel à mai 2026. En GMS, les ventes sont en hausse de +2,0% en valeur en cumul annuel à juin 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment avec des hausses sur viande hachée et volaille, et l’ultra-frais, mais à relativiser avec l’inflation (~1%).

En magasin bio, ce sont d’abord les fruits et légumes qui contribuent le plus à la croissance, puis le rayon frais avec +11% en cumul annuel à mars  2026 pour 13% du CA des magasin, et ensuite l’épicerie sucrée (+7,7% ;15%) et salée (+9% ;11%). 

L’hygiène et les soins (-4,1%) et le compléments alimentaires (-6,2%) sont en difficultés en magasin bio mais en dynamique du côté des pharmacies.
Source : Agence Bio - ANDI – Circana / Traitement Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes

Pour le moment, la crise dans le détroit d’Ormuz ne se fait pas ressentir dans le comportement des consommateurs, mais c’est un point à suivre car si la hausse des coûts de l’énergie avantage la production bio car elle n’utilise pas de fertilisant de synthèse, l'inflation globale pourrait inciter les ménages à réduire arbitrairement leurs dépenses…

Des entreprises agroalimentaires résilientes

En 2025, le secteur de l’aval bio en Auvergne-Rhône-Alpes connaît une baisse modérée du nombre d’opérateurs certifiés (-1,3%), inférieure à la moyenne nationale (-2%). Les transformateurs agroalimentaires voient leur nombre reculer de -3%, mais avec une baisse plus faible que dans les autres régions (-7%). Les artisans-commerçants ralentissent leurs arrêts de certification, et le nombre de distributeurs certifiés bio est plutôt stabilisé.

Les entreprises agroalimentaires bio régionales traversent une période de consolidation, avec 75% qui enregistrent une hausse de leur chiffre d’affaires en 2025 et 25% qui observent une stabilisation (+23 points par rapport à 2024). Les magasins bio et épiceries spécialisées restent le premier circuit de distribution pour 38% des entreprises enquêtées, suivis par les grossistes et la restauration collective.

En 2025, ce sont les circuits de l’e-commerce et la restauration collective qui se distinguent par la plus forte croissance, tandis que les magasins bio et la grande distribution affichent des dynamiques plus mitigées (54% en hausse, mais 19% en baisse pour les premiers ; 67% de stabilité pour la seconde). La croissance observée en magasin bio bénéficie surtout aux rayons fruits et légumes et aux grandes marques nationales, et un peu moins aux marques régionales des TPE/PME.  Les magasins bio et la restauration collective sont identifiés comme circuits à développer en priorité par les entreprises agroalimentaires bio.

Début 2026, les perspectives s’éclaircissent timidement avec 49% des entreprises qui perçoivent une légère reprise des ventes, 33% qui anticipent une stabilité (+16 points vs 2025) et 13% qui craignent une décroissance.
Source : Agence Bio / OC - Traitement Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes et Baromètre de conjoncture des entreprises bio d’Auvergne-Rhône-Alpes, 2026

La région résiste sur la production bio 

Côté production, la région affiche une baisse de 0,6% du nombre de fermes bio, mais la part des fermes bio reste stable à 17%. Les surfaces bio régionales se maintiennent à 10,8% alors qu’elles sont en baisse au niveau national, et le taux de décertification est de 2,8%. Auvergne-Rhône-Alpes conserve ainsi sa 3ème place nationale en nombre de fermes bio et de surfaces certifiées.  La production bio sera fortement challengée par la vague de départs à la retraite en agriculture — avec l'enjeu crucial de maintenir ces terres en bio — mais aussi par les défis posés par le changement climatique.
Source : Agence Bio / OC - Traitement FRAB AuRA

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